Non au révisionnisme

L’UNC Baud (Union nationale des combattants) a bien voulu commenter Joli mois de mai 1944. Pour autant son président m’a déclaré ne pas en être au courant et ne pas désirer me rencontrer comme je lui proposais. Ci-dessous quelques commentaires que je lui ai ensuite transmis par mail.

Maquis de Poulmein

A l’attention de M. Marcel Bellec, président de l’UNC Baud

Monsieur,

Pour les historiens, le révisionnisme est un terme sans connotation particulière qui désigne une démarche critique consistant à réviser de manière rationnelle certaines opinions couramment admises en histoire. Il se fonde sur un apport d’informations nouvelles, un réexamen des sources et propose une nouvelle interprétation de l’histoire. Telle est bien formellement le sens de ma démarche, ne serait-ce que parce que je fais état de documents d’archives auxquels personne n’a jamais encore eu accès en Bretagne, en particulier des dossiers de procès d’anciens résistants et de militaires allemands, jusqu’à présent interdits d’accès.

Mais dans le contexte particulier de la Seconde Guerre mondiale, le terme révisionniste prend généralement une connotation négative, qui laisse entendre que l’auteur tend à présenter les faits dans un sens délibérément défavorable à la résistance et une réhabilitation plus ou moins avouée d’idéologies assez peu recommandables. Vous avancez que j’aurais eu pour intention de « noircir le tableau ». Nul autre que moi-même n’est mieux placé pour connaître mes intentions et les exprimer moi-même. Mon intention est de s’approcher au plus près de ce qu’a été la réalité du terrain, qu’elle ait été louable ou non. Ce faisant ma démarche ne vas pas dans le sens de ceux qui ont tendance à « blanchir le tableau ».

Dans le cas particulier du maquis de Poulmein, je vous invite à comparer quelques versions de son histoire :

La version de Roger Leroux vaut d’être retenue dans la manière de s’en tenir à des faits suffisamment établis et de s’abstenir d’insinuations indémontrables.
Pour autant elle ne donne pas d’explication complète à l’enchaînement des faits qui ont conduit au démantèlement du maquis.
Vous œuvreriez utilement en clarifiant ces dernières zones d’ombre tant qu’il en est encore temps.
La réponse à ces questions n’est pas incompatible du respect dû au jeune Mathurin Henrio et ses camarades.

Les trente premières pages de Joli mois de mai 1944 ont été écrites par un ancien résistant FTP et j’ai surtout continué ses travaux après sa disparition. D’autres anciens résistants ont bien voulu m’aider dans ma démarche.
Enfin je suis fils d’un résistant qui a rejoint à la Libération la Première Armée française pour terminer la guerre dans la Forêt Noire en Allemagne : je suis donc bien placé pour apprécier le parcours de votre adhérent M. Thomas Le Saux et savoir qu’il y a une distinction à faire entre des personnes qui se sont engagées pour la libération de leur pays et d’autres pour des motifs bien différents.
Avec mes salutations distinguées,
Yves Mervin