Les biais de mémoire d’historiens « officiels » en Bretagne

Reproduction ci-dessous de l’interview accordé à Breizh-info.com à la suite de la parution du DVD « Triskell et croix gammée ».

600251Breizh-Info.com : Yves Mervin, pouvez-vous commenter le DVD « Triskell et croix gammée » de Michel Denis, Kristian Hamon, Jean-Jacques Monnier, Georges Cadiou, Ronan Calvez et Herri Caouissin. Ce DVD est produit par RDM video et il est distribué depuis le 6 septembre 2016 dans les médiathèques, bibliothèques départementales de prêt (BDP), bibliothèques, établissements scolaires, comités d’entreprise, collectivités…

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Un mix d’images chocs, de témoignages sélectionnés et de paroles d’ « experts » : c’est parti pour les associations d’idées !

Yves Mervin : Ce qui frappe tout d’abord dans ce DVD, c’est, d’un point de vue historique, l’amateurisme des auteurs, leurs approximations, leurs inexactitudes et leurs erreurs flagrantes. Par exemple, Kristian Hamon revient sur les causes de l’assassinat de Jean-Marie Perrot qui, selon lui, était (minute 27:10) un anticommuniste viscéral. Entre autres considérations tendant à justifier le crime, Kristian Hamon avance (minute 28:30) : Je ne dirai pas que l’abbé Perrot l’a dénoncé [Albert Duperrier], je n’en sais strictement rien, mais quand, même, il y a suspicion ! Kristian Hamon insinue que Jean-Marie Perrot aurait dénoncé le résistant Albert Duperrier arrêté deux fois par les Allemands le 11 juillet 1943 puis le 12 juin 1944. Si Kristian Hamon avance cette thèse, il lui revient de produire des éléments d’archive ou des témoignages convaincants. De toute évidence, il n’en dispose pas et son opinion ou sa conviction profonde n’édifient en rien.

J’ai étudié dans Viens rejoindre notre armée ! (pp. 247-251), le parcours d’Albert Duperrier pendant la Seconde Guerre mondiale et il apparaît que ce dernier a déclaré : nous avons embrigadé beaucoup trop de jeunes qui ne savent pas tenir leur langue, selon le témoignage difficilement contestable du résistant Guy Péron. Albert Duperrier a été dénoncé par un autre résistant sous la torture et  l’hypothèse la plus plausible pour cet autre résistant, que Guy Péron ne nomme pas, est Yves Simon arrêté le 15 mai 1944. Ce dernier se serait vanté juste avant d’être arrêté d’avoir eu l’honneur de participer à l’assassinat de l’abbé Perrot lors d’une première tentative manquée le 26 novembre 1943. Plutôt que de soupçonner sans la moindre piste Jean-Marie Perrot de délation, il serait plus pertinent de s’interroger sur l’éventuelle implication d’Albert Duperrier dans la première tentative d’assassinat de l’abbé !

Breizh-Info.com : Avez-vous trouvé d’autres exemples de désinformation dans ce DVD ?

Yves Mervin : Prenons le cas de Georges Cadiou qui se repaît de sa collection de phrases antisémites qu’il a trouvées dans l’Heure bretonne (minute 18:15). Georges Cadiou interprète comme antisémite un article de François Jaffrennou, dit Taldir, Grand Druide de Bretagne, paru dans le journal La Bretagne du 1er janvier 1943. L’interprétation de George Cadiou et l’intonation avec laquelle il lit cet article n’engage que lui, elle n’engage en rien Taldir. François Jaffrennou Taldir avait avant la guerre défriché l’histoire des Juifs de Bretagne et il a écrit dans la revue L’Action du 14 juillet 1951 un texte remarquable sur les Juifs qu’il a rencontrés au cours de sa vie, Le sel de la terre, à une époque où les adeptes du devoir de mémoire n’avaient pas trouvé le filon pour se donner une importance. Rappelons que dans son livre L’Hermine et la croix gammée, Georges Cadiou accuse, en reprenant à son compte un ragot, ce même Taldir d’avoir dénoncé le résistant Adolphe Le Goaziou : Taldir a tout simplement été victime d’une erreur judiciaire. Après la guerre, Leo Perutz, un Juif autrichien, qui s’était lié d’amitié avec Taldir jusqu’à devenir membre du Goursez de Bretagne, a témoigné à bon escient en faveur de Taldir lors de son procès. Accuser Taldir d’antisémitisme traduit une grossière méconnaissance de cette question.

Breizh-Info.com : Un autre exemple à donner ?

Yves Mervin : Michel Denis interprète (minute 34:55) l’entrée de nationalistes bretons dans la Résistance, en l’occurrence le groupe Liberté de Saint-Nazaire, comme un moyen d’échapper au Service du travail obligatoire (STO) ! Lui aussi plaque son schéma idéologique sur les faits et arrive à la conclusion qui lui convient. En septembre 2009, j’ai eu le privilège d’une longue conversation avec Madelein Mesnard, le responsable du groupe Liberté, dont je décris le parcours à partir des archives. Et les motivations des Liberté n’avaient rien à voir avec le STO. Noter, ce qui échappe à Kristian Hamon (minute 13:00), que les Liberté étaient présents à Landerneau au camp de Landivisiau et qu’il n’y avait pas que les futurs Bezen Perrot à ce camp. J’ai même une photo (dont je n’ai pas les droits de publication) où ils posent ensemble en uniforme des Bagadoù Stourm. A aucun moment Madelein Mesnard n’a critiqué les Bezen Perrot comme s’autorisent à le faire les auteurs.

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Gros plan sur une plaque aux victimes d’une Milice bretonne qui ne s’est jamais trouvée à Ploëzal le 6 juillet 1944 (minute 33:40).

Breizh-Info.com : Un dernier exemple de désinformation ?

Yves Mervin : Les auteurs ont sollicité l’ancien résistant FTP Désiré Camus qui revient (minute 31:25) sur les événements de Ploëzal du 6 juillet 1944. Contrairement à ce qu’affirme Désiré Camus, il n’y a jamais eu de Milice bretonne à cet endroit et à ce moment. Comment Désiré Camus a-t-il pu, comme il l’affirme, trouver une carte du Kadervenn dans la poche d’un agent des Allemands resté sur le terrain, Jean-François Jouanny, agent dont on ne trouve aucune trace chez les nationalistes bretons : bizarre ! Désiré Camus, ancien instituteur, confond simplement un certain Michel Lesné avec Célestin Laîné ! Désiré Camus aurait mieux fait de nous expliquer les circonstances de l’assassinat de Pierre-Marie Lec’hvien, recteur de Quemper-Guezennec par quelques-uns de ses FTP, dont Joseph Le Roux, le 10 août 1944 après le départ des Allemands. Et autres crimes commis par d’autres de ses camarades FTP à ce moment, à Saint-Quay-Portrieux le 21 août 1944 par exemple.

Breizh-Info.com : quelle est la valeur pédagogique du DVD ?

Yves Mervin : il ne s’agit pas de pédagogie, mais d’idéologie. A partir de faits réels, les auteurs construisent une histoire conforme à un canevas idéologique officiel, une histoire manichéenne où de mauvais Bretons arriérés, rétrogrades, réactionnaires, superstitieux, antisémites, xénophobes, racistes, fascistes, pronazis agressent de braves Bretons résistants, progressistes, antifascistes, antinazis, ouverts d’esprit, épris de liberté et victimes de la barbarie. Et dans ce schéma, les bons Bretons résistants sont profrançais, ils sont même tout simplement français, et les mauvais Bretons sont anti-français, réfractaires aux idées de progrès et de liberté, aux Droits de l’Homme que la France aurait inventés. La réalité est bien sûr plus complexe et les rôles sont très souvent inversés. Kristian Hamon se prévaut de consulter les archives (minute 13:00), mais les archives sont à interpréter avec discernement. Elles ne portent que sur une partie de la réalité et elles ne confortent aucun discours idéologique en particulier.

Breizh-Info.com : Le DVD est pourtant distribué dans les centres pédagogiques ?

Yves Mervin :  Un tel DVD, financé par des deniers publics et utilisé dans le milieu de l’éducation nationale où l’histoire de Bretagne est interdite de fait, relève d’une histoire fondamentalement anti-bretonne, quand bien même les auteurs ont adopté des positions en apparence pro-bretonnes, au sens de l’émancipation d’un peuple breton. Ils ont adhéré ou ont été proches de l’Union démocratique bretonne (UDB), qui, à son origine, était organisée sur le modèle d’un Parti communiste avec en particulier le centralisme démocratique et des références explicitement marxistes-léninistes. J’en sais quelque chose, j’y ai passé quelques mois en 1977 et c’est de l’intérieur que j’ai découvert cette réalité. Un responsable de la fédération de Paris s’enorgueillissait de ce que l’UDB était reconnue, au même titre que le Parti communiste français, comme mouvement révolutionnaire par l’Union soviétique qui ne s’était pas encore effondrée à ce moment. L’UDB s’est adaptée, elle est devenue un parti réformiste, mais son fonds idéologique reste le communisme, sans rupture avec la réalité désormais bien connue de cette idéologie avec ses millions de morts, la dékoulakisation, les procès de Moscou, les goulags, les purges staliniennes, les déportations de populations, la famine programmée en Ukraine… On n’est donc pas dans la pédagogie, mais dans l’agit-prop. En agitant l’épouvantail du nazisme, les auteurs ne peuvent se dispenser de se justifier sur le communisme et ils seraient avisés de nous expliquer ce en quoi le communisme aurait été préférable au nazisme.

Breizh-Info.com : Quelles sont les faiblesses du raisonnement des auteurs ?

Yves Mervin : En particulier l’incapacité d’appréhender et d’assumer l’héritage du pacte germano-soviétique et du flirt idéologique entre nazisme et communisme contre les démocraties parlementaires « petit-bourgeoises ». Le pacte germano-soviétique déclenche la Seconde Guerre mondiale et a diverses conséquences en Bretagne même. Immédiatement après la signature du pacte en septembre 1939, les Allemands et les soviétiques envahissent la Pologne. Puis au printemps de 1940, sur ordre direct de Staline, le NKVD (la police politique soviétique) massacre à Katyn plusieurs dizaines de milliers de Polonais : officiers, médecins, ingénieurs, enseignants… L’Union soviétique accusera pendant des décennies les Allemands d’avoir commis ces crimes jusqu’à ce que le parlement russe reconnaisse officiellement sa responsabilité le 26 novembre 2010. Ce qui est récent et clôt les débats, ce que les auteurs ne peuvent ignorer. En 1943, Jean-Marie Perrot dénonce en chaire et dans sa revue Feiz Ha Breiz le massacre de Katyn, ce qui est insupportable au Parti communiste français qui se prépare à prendre le pouvoir à l’occasion de la Libération. Le Parti communiste décide alors d’éliminer Jean-Marie Perrot par l’Interrégional Marcel Dufriche et Daniel Trellu, responsable des FTP du Finistère, lors d’une première réunion pendant l’été puis, lors d’une deuxième réunion à Scaër chez Roseline Kersulec et son fils François Kersulec. Il revient aux auteurs de tirer les conséquences de leurs revendications idéologiques et historiques et de leur légitimation de cet assassinat.

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Vue fugitive sur le journal Feiz ha Breiz du Bleun Brug (minute 26:45) où Jean-Marie Perrot dénonce la massacre de Katyn (Karnel Katyn), ce qui lui vaudra d’être assassiné par le Parti communiste français.

Breizh-Info.com : Les auteurs veulent-ils rendre hommage à la Résistance ?

Yves Mervin : l’esprit de résistance consiste à s’insurger dans un pays occupé alors que la situation parait sans issue. Au moment des événements, cela avait un sens, mais 70 ans après la Libération, quel intérêt y-a-t-il à se déclarer pro-résistant ? Il n’y a plus ni risque ni enjeu. Chacun connaît la fin de l’histoire. C’est justement sur ce point que les auteurs font de la politique et non pas de l’histoire, car écrire l’histoire, c’est comprendre le comportement et les choix des uns et des autres en fonction de l’information qu’ils ont de la situation à l’instant qu’ils vivent, pas en fonction de la suite des événements que connaît l’historien. Je suis bien placé pour savoir qu’il y eut quelques authentiques résistants qui se sont engagés précocement pour la seule libération du territoire et l’instauration de la démocratie : les auteurs ne sont pas héritiers des mérites de ces résistants et ils ne sont pas habilités à parler en leur nom.

Mais prendre le parti de la Résistance aujourd’hui n’est même pas évident : son efficacité a été symbolique et elle s’est surtout impliquée dans une guerre civile plutôt qu’une guerre de libération. Elle est responsable de nombreux meurtres, de viols et de vols. Sa légende s’effrite lentement mais sûrement avec les archives qui s’ouvrent petit à petit.

Il a un autre tabou mémoriel pour ces héritiers du communisme : l’épuration que les auteurs justifient par leurs commentaires en banalisant et en minimisant les scènes de violences qui ont accompagné la liesse de la Libération. A ce moment, des résistants qui ne risquaient plus la répression allemande s’en sont pris à leur compatriote, le plus souvent des femmes. Face à ces scènes d’une extrême lâcheté, les auteurs ne manifestent aucune indignation. Par leur silence, ils avalisent le fondement criminel du communisme et plus généralement de tous les totalitarismes.

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Commentaire des auteurs (minute 37:10) : l’épuration en Bretagne n’a pas été plus dure… Hypersensibilité envers les victimes de l’occupant, désensibilisation envers les victimes de la Résistance.

Breizh-Info.com : Comment interpréter la démarche des auteurs ?

Yves Mervin : Les auteurs assènent avec animosité des injonctions qui tendent à inhiber l’esprit critique et préparent les esprits à la résignation et à la soumission envers toute religion ou idéologie hégémonique. Leur dialectique pseudo-révolutionnaire est devenue un conformisme, un renoncement à l’insurrection, une subordination à un pouvoir à qui on fait allégeance… quand bien même certains ont appartenu à un parti qui dénonçait la colonisation de la Bretagne par la France. Et pour bien montrer sa servitude, quoi de mieux que de dénigrer ses congénères ?

Les auteurs s’en prennent à des personnes aujourd’hui disparues qui ne peuvent pas leur rendre la réplique. C’est dommage parce que les Olier Mordrel, Yann Fouéré, Jean-Marie Perrot, Roparz Hemon, François Jaffrennou… avaient, de mon point de vue, une éminente dimension intellectuelle. C’est comme si les auteurs avaient attendu que cette génération disparaisse pour la critiquer sans danger, en commençant vers la cinquantaine une carrière de conscience du peuple. Mais ils démontrent largement dans ce DVD qu’ils n’ont pas d’autorité ni de légitimité à nous donner des leçons de démocratie, de respect des différences et encore moins d’humanisme.

Des Juifs qui n’étaient pas vraiment juifs.

C’est nous qui décidons de qui est juif et de qui ne l’est pas.

Joseph Goebbels, Ministre à l’Éducation du peuple et à la Propagande du Troisième Reich

Vient de paraître en novembre 2015, Breiz Atao, Mordrel Delaporte, Lainé Fouéré, Une mystique nationale de Sébastien Carney [1]. Ce livre est dérivé d’une thèse intitulée Les promesses de la Bretagne – Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré : génération de l’apocalypse et mystique nationale (1901-1948). Thèse soutenue le 24 novembre 2014 à l’Université de Bretagne occidentale (UBO) de Brest.

Le mouvement breton analysé au travers de la personnalité de quelques-uns de ses leaders : en résumé, quatre fils de bourgeois peu doués pour la Révolution prolétarienne [2] s’égarent dans le nationalisme breton : dans les circonstances de la Seconde Guerre mondiale, le résultat ne serait pas à la hauteur des espérances.

Des quatre personnages passés au crible par l’auteur, j’ai rencontré Olier Mordrel en 1979 et j’en garde, comme de nombreux autres, le souvenir d’un intellectuel pour le moins brillant. D’une insolente audace dont manquent la plupart des Bretons. Quatre fois condamné à mort : par les radicaux-socialistes de la Troisième République, par les collaborateurs avec les Allemands, par les gaullistes de Londres [3] et enfin par les Cours de justice de l’Épuration. Et toujours prêt à repartir au combat : insubmersible ! Avec un sourire exprimant une inébranlable confiance en sa personne, sa nation et son droit.

J’ai aussi rencontré Yann Fouéré sur le tard en mai 2006, il avait 96 ans et encore toute sa vigueur intellectuelle et tous ses souvenirs. Une rencontre marquante, qui m’a incité à lire par la suite ses ouvrages. Juriste, haut fonctionnaire, sous-préfet, directeur de journal, écrivain, chef d’entreprise en Irlande… Et lui aussi avec le sourire gourmand de l’intellectuel qui attend de son interlocuteur la répartie qui fera de la conversation un instant inoubliable.

Le risque de s’attaquer à ces personnages, c’est de révéler ses propres préjugés et orientations idéologiques. À cet égard, le pensum de Sébastien Carney reste dans la ligne des productions du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de l’UBO, même s’il fait preuve d’un peu plus de circonspection que ses prédécesseurs et si l’on devine qu’il s’affranchira un jour des figures imposées.

En 2000, Ronan Calvez ,du CRBC, traite du cas d’Olier Mordrel [4] et de ses relations avec un Allemand qui a l’infortune d’être classé juif par les nationaux-socialistes, Julius Pokorny [5]. Il produit alors le commentaire suivant :

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Citation du texte d’Olier Mordrel par Ronan Calvez ([4], p. 22).

Ronan Calvez, qui développe une très personnelle théorie de la « Pangée » [7] bute sur une réalité qui, pour le moins, n’étaye pas son propos. Car le texte original d’Olier Mordrel dans son livre Breiz Atao [6] à propos de l’universitaire celtisant Julius Pokorny est le suivant :

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Texte original d’Olier Mordrel ([6], pp. 242-243)

Mais que voilà donc une situation bien étrange : Olier Mordrel qui se déclare bien ami avec un Juif persécuté par les nazis et qui raille avec son humour habituel, Ludwig Mülhausen, un membre du parti nazi ! Ronan Calvez, qui n’hésite pas à accuser Olier Mordrel de négationniste de la Shoah, trouve la solution : il raye la petite phrase embarrassante : ni vu, ni connu ! Pas vu, pas pris ! Sans bruit, sans traces !

Sébastien Carney n’élude pas la question, mais la traite d’étrange façon. Cette fois dans le cas du peintre Fritz Heinsheimer [2], lui aussi catalogué comme Juif par les nationaux-socialistes et membre de l’église païenne de Friedrich Hielscher, l’Unabhängige Freikirche (« église libre indépendante »). Sébastien Carney déclare dans sa thèse, p. 949, à propos de Friedrich Hielscher [8] :

En fait, il a pu être profondément choqué par ce qu’il a vu lors d’une visite du ghetto de Lodz, où il découvre l’existence des fours crématoires et le gazage des Juifs. Mais les quelques rares interventions qu’il fera en faveur de Juifs concerneront essentiellement des membres ou proches de son église, autrement dit, des païens… Aussi ce n’est pas des Juifs qu’il sauve, mais ses fidèles. Par exemple, le peintre Fritz Heinsheimer caché quelque temps chez Ange Péresse en 1943 et dont la mystique des toiles évoque bien plus la liturgie de son église que la Torah [9].

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Der Kahlköpfige – im Rahmen (portrait de Friedrich Hielscher par Fritz Heinsheimer, avec l’aimable autorisation de la propriétaire du portrait)

Les époux Engel, beaux-parents d’Albert Richter, un ami d’école de Friedrich Hielscher, se trouvent enfermés avec leur fille et son enfant au ghetto de Lodz en Pologne vers 1941. Le 28 septembre 1941 et le 15 mai 1942, Friedrich Hielscher se rend dans ce ghetto avec un laissez-passer établi par Wolfram Sievers, directeur de l’Ahnenerbe, une institution « scientifique » nazie, sous le prétexte d’enquêter sur une vieille potion aryenne dont le secret aurait été conservé par les Juifs. Arrivé au ghetto de Lodz, Friedrich Hielscher apprend que les Engel ont été déportés à Auschwitz. Avec la complicité de Otto-Ernst Schüddekopf, membre de son cercle, qui fournit un faux passeport hongrois, ce qui permet à Thérèse Richter de passer en Suède le 23 juillet 1943 sous prétexte de mener des « travaux secrets pour les services d’Hitler » ([9] pp. 266-267, [10]). Albert Richter et sa famille ne sont pas membres du cercle de Hielscher.

La découverte de l’extermination des Juifs, au moins d’une partie de cette extermination, aura probablement affecté Friedrich Hielscher. Elle a aussi marqué l’écrivain et militaire Ernst Jünger ami de Hielscher [11]. Il reste pour certitude que Friedrich Hielscher et quelques Perrot ont préservé Fritz Heinsheimer des persécutions nazies et que, ce faisant, ils lui ont temporairement sauvé la vie tout en encourant un risque non négligeable.

Sébastien Carney ajoute à propos de Friedrich Hielscher et des Perrot qui ont secouru Fritz Heinsheimer :

Les lettres adressées par Heinsheimer sous le pseudonyme de Fernand [12] aux membres de l’unité Perrot furent consciencieusement archivées, comme autant de certificats d’antinazisme de l’Unité.

Des Perrot de la Bezen Perrot auraient donc deviné en 1943, au moment où ils s’engageaient au côté des Allemands, l’issue de la guerre. Au-delà, ils auraient anticipé les retours de mémoire qui perdurent aujourd’hui… Peut-être plus simplement ne se sont-ils aucunement soucié de quelque certificat de nazisme ou d’antinazisme que ce soit, dans l’immédiat ou dans le futur.

Sébastien Carney nous fait donc part de ce qu’il pense de ce que pensaient ses personnages étudiés. Nul ne sait ce que ces personnages auraient pensé de ce que Sébastien Carney pense qu’ils pensaient. Je suppute quelques sourires amusés et indulgents.

Pour des raisons idéologiques, Joseph Goebbels avait décidé que Fritz Heinsheimer était juif et, pour d’autres raisons idéologiques, Sébastien Carney a décidé qu’il ne l’était pas. L’intéressé ne  semble pas avoir éprouvé le besoin de nous faire part de son avis sur cette question.

Yves Mervin

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Fritz Heinsheimer dans son atelier dans les années 1930

[1] Sébastien Carney, Breiz Atao, Mordrel Delaporte, Lainé Fouéré, Une mystique nationale Presses universitaires de Rennes, 2015.

[2] au fait, la Révolution prolétarienne : va falloir attendre encore longtemps ?

[3] Yves Mervin, Viens rejoindre notre armée ! Une Résistance bretonne à contretemps, YM, 2016, pp. 114-119.

[4] Ronan Calvez, La radio en langue bretonne, Roparz Hemon et Pierre-Jakez Hélias : deux rêves de la Bretagne, Presse universitaires de Rennes, Centre de Recherche Bretonne et Celtique, 2000.

[5] Ó Dochartaigh Pól, Julius Pokorny, 1887-1970: Germans, Celts and nationalism, Four Courts Press, Dublin, 2003.

[6] Mordrel Olier, Breiz Atao, histoire et actualité du mouvement Breton, Éditions Alain Moreau, Paris, 1973.

[7] Théorie de Ronan Calvez selon laquelle la pensée des nationalistes bretons, et en particulier celle de Roparz Hemon, procéderait d’une démarche monolithique et totalitariste : elle serait comparable à un phénomène géologique qui se situe il y a 300 millions d’année au moment où les continents de la terre n’en forment qu’un seul avant de se séparer. L’auteur qui ne doute pas de la pertinence de son analogie se réfère à chaque page de son livre à la voix de la Pangée, au dessein de la Pangée, à l’émergence de la Pangée, aux thèmes de la Pangée, aux adeptes de la Pangée, à l’espace intemporel de la Pangée, à l’histoire de la Pangée, au chemin de la Pangée, à l’avenir de la Pangée, à la langue de la Pangée, à l’idéologie de la Pangée…

[8] Ina Schmidt, Der Herr des Feuers, Friedrich Hielscher und sein Kreis zwischen Heidentum, neuem Nationalismus und Widerstand gegen den Nationalsozialismus, SH-Verlag, 2004.

[9] Ernst Jünger, Premier journal parisien II 1941-1943, Christian Bourgeois, 1950.

[10] Tel Aviv University, Sourasky Central Library, The Wiener Collection : Dossier Friedrich Hielscher avec témoignages de l’intéressé, de Fritz Heinsheimer, d’Otto-Ernst Schüddekopf et autres.

[11] Fritz Heinsheimer 1897-1958, Ein rationaler Künstler in einer irrationalen Zeit, Werks-Verzeichnis, Teil I, Herausgeber Klaus Kauffmann : cette rétrospective de l’oeuvre de Fritz Heinsheimer comporte des scènes qu’a manifestement vécues cet ancien grand blessé de Verdun en 1917, des portraits – dont plusieurs anonymes de Friedrich Hielscher et un de Gerhard Von Tevenar, de Bertholt Brecht, des nus, des paysages, des scènes de travail, de compétitions sportives… Et des peintures des trois rois mages – référence chrétienne – et de Prométhée – mythologie grecque…

[12] J’ai rencontré en 2013 un nationaliste breton proche de la Bezen Perrot, sans en faire partie, qui a bien connu « Fernand » Husser, soit Fritz Heinsheimer, à Paris fin 1943 et qui me l’a présenté comme l’ « ami juif de Célestin Laîné ». Ce nationaliste breton devient après la Capitulation en Allemagne interprète dans un régiment gallois…

Conférence à Saint-Brieuc

affiche conférence 2La fondation Yann Fouéré et l’Institut de documentation bretonne et européenne (IDBE), soit l’important fonds documentaire laissé par Yann Fouéré, ont bien voulu organiser une conférence à Saint-Brieuc le 7 septembre 2013 à l’occasion de la parution de Joli mois de mai 1944. D’un commun accord, nous avons invité l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) des Côtes d’Armor, une association qui regroupe à l’origine les anciens Francs-Tireurs Partisans (FTP) rattachés au Parti communiste. Pour l’anecdote, j’ai hérité d’une collection d’environ une vingtaine de cartes d’adhésion annuelles à l’ANACR au nom d’un certain Marcel Mervin, mon père, qui s’est retrouvé à la fin de l’Occupation dans un maquis FTP. J’ai connu dans ma jeunesse de nombreux FTP : je peux témoigner de ce que la plupart étaient de braves gars seulement engagés pour la libération de leur pays et qui ne maîtrisaient pas toutes les subtilités de l’organisation à laquelle ils ont appartenu.

L’ANACR des Côtes-d’Armor a mandaté deux de ses membres, Thomas Hillion et Valentin Bertrand, nés en 1925. Valentin Bertrand a souhaité prendre la parole pendant quelques minutes au début de ma conférence, ce que je lui ai accordé. Emprunt d’une certaine émotion, il a rappelé son parcours et celui de sa famille pendant la guerre, exposé sa conception de la Résistance et protesté contre ma manière de relater les faits de cette période dans Joli mois de mai 1944. En contestant le titre même, qu’il a trouvé sarcastique (ce titre provient des écrits d’un résistant FTP du Finistère, écrits qui ont servi de base à Joli mois de mai 1944, et dans lesquels on trouve l’expression « Joli mois de mai de Glomel »). Valentin Bertrand a aussi précisé qu’il a été acquitté en 1953, lors d’un procès qui l’a opposé à l’une de ses victimes, non pas allemande mais bretonne. Ce qui illustre toute l’ambiguïté des résistances gaulliste et communiste, qui s’en sont d’abord pris à leurs compatriotes avant de s’en prendre à l’occupant. Impression qui ressort également à la lecture des souvenirs de Valentin Bertrand qu’il a transcrits dans son ouvrage 1940-1945 – La Résistance face aux nazis. Région de Callac, édition n°5, 2012, dont il a bien voulu me céder un exemplaire début 2012. C’est par ailleurs la Compagnie Tito qui a investi la place de Callac avec Charles Moreau et la parachutiste Loic Raufast lors de la Libération.

Lorsqu’un résistant a été amené à tuer un ou des Allemands dans les circonstances de la guerre, ce résistant éprouve souvent un sentiment de culpabilité pour avoir ôté la vie à un être humain, même si les circonstances de l’occupation et la nécessité de survivre aux dépens de l’autre contribuent à justifier ces actes. On peut imaginer a fortiori un sentiment de culpabilité encore plus fort quand il s’agit, plutôt que d’un Allemand, d’un des ses compatriotes, qui aura été autant « collaborateur » que nécessaire selon les vues des résistances gaulliste et communiste.  Valentin Bertrand accorde donc une forte importance au verdict de son procès, dans la mesure où ce verdict justifie le sens de son action résistante. Les circonstances précises de cette affaire sont mal connues. Dans l’ensemble des procès comparables, les chefs politiques qui ont commandité ces actions sont toujours épargnés. Mais ce sont bien les hiérarchies qui portent d’abord la responsabilité de telles actions.

A l’évocation de l’affaire Auguste Bocher, Valentin Bertrand a lu le courrier que je lui ai récemment envoyé à propos d’une invraisemblable version selon laquelle le meurtre du barde aurait été justifié par un projet d’observatoire allemand à proximité de son domicile. Il a aussi lu un projet de réponse qui ne m’est pas parvenu à ce jour, dont il ressort que cette version ne serait pas de lui, mais des associations résistantes de Callac, et daterait de quelques années. Valentin Bertrand a déclaré ignorer, ce qui est fort possible, qui sont les deux agresseurs du barde en décembre 1943, un de ces agresseurs s’étant retrouvé à l’hôpital de Guingamp après reçu un coup de penn-bazh de la part d’Auguste Bocher. Valentin Bertrand peut toujours se renseigner auprès de certains de ses camarades de l’ANACR pour obtenir l’identité des deux agresseurs, déterminer qui était le responsable politique de ces deux agresseurs et l’inspirateur de l’ordre donné par un autre responsable politique de niveau régional. Il s’apercevra alors que cette affaire Bocher ressemble beaucoup à celle de l’abbé Yann-Vari Perrot de Scrignac, avec le même motif et le même inspirateur pour l’ordre d’assassinat.

Valentin Bertrand a aussi réagi vivement à l’évocation du rôle de l’Union soviétique dans le pacte germano-soviétique et a fait état de « 17 millions de morts soviétiques …pour notre liberté » d’aujourd’hui. Le problème c’est que ces millions de morts résultent surtout du « Je t’aime, moi non plus » entre les deux grands dictateurs et criminels contre l’Humanité que sont Adolf Hitler et Joseph Staline. Du côté de Callac et de Rostrenen, tout le monde ne semble pas averti que le massacre de Katyn est l’oeuvre des soviétiques et non pas des nazis. On suggère l’excellent film d’Andrzej Wajda http://www.katyn-lefilm.fr/ qui a à peine été diffusé en France, ce qui traduit la chape de plomb qui pèse toujours sur la mémoire des événements dans ce pays.

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Plus heureusement, l’ancien membre de l’Organisation spéciale (OS) et FTP du maquis Tito, Georges Ollitrault, lui aussi né en 1925, qui a encore impressionné par la richesse de son parcours, a aussi été unanimement apprécié par l’assistance, du fait de son optimisme et de son humanité. On peut avoir été au cœur d’une organisation communiste et porter un regard objectif sur son propre parcours et celui de l’organisation à laquelle on a appartenu, rester capable de dialoguer et dégager des conclusions acceptables par les uns et les autres.

L’ANACR des Côtes-d’Armor reste donc engoncée dans une mémoire hermétique qui n’a pas su intégrer la mise en évidence de faits fondamentaux relatifs à la Seconde Guerre mondiale.  En fin de conférence, Thomas Hillion a lu un texte de Jean Le Jeune, ancien chef départemental des FTP des Côtes d’Armor, se réclamant de la lutte pour la paix et les Droits de l’Homme. Initiative mal venue en la présence d’une famille de victime de la Résistance communiste, encore fortement marquée par le souvenir des événements, quand on connait le rôle joué par Jean Le Jeune dans plusieurs affaires que je décris par le détail dans Joli mois de mai 1944. Rassurez-vous, cher lecteur, nul n’est tenu d’adhérer aux thèses de l’ANACR pour œuvrer utilement pour la paix et les Droits de l’Homme dans notre vaste monde.

Sommaire d’Arthur et David

et une autre précision sur Arthur et David paru en 2011. Le livre est divisé en deux grandes parties : une première partie chronologique et une seconde partie organisée en thèmes. Je fais paraitre ci-dessous cette distinction qu’il aurait été opportun de mentionner dans la version imprimée.

Liminaire…………………………………………………………………………….5
Avant-propos……………………………………………………………………….6
Remerciements…………………………………………………………………….8
Clés de lecture……………………………………………………………………11

Première partie

L’invasion de la Bretagne………………………………………………..12
La fin de la « der des der »……………………………………………………..12
Le Traité de Versailles…………………………………………………………..13
Rencontre en île de Bréhat …………………………………………………..14
Occupation française en Allemagne…………………………………………15
Breiz Atao…………………………………………………………………………17
Gwalarn……………………………………………………………………………21
Seiz Breur…………………………………………………………………………24
Candidature aux élections législatives……………………………………….26
Am Potsdamer Platz…………………………………………………………….28
Le foyer Juif en Palestine………………………………………………………31
Gerhard von Tevenar……………………………………………………………34
Le front populaire (1936)……………………………………………………..40
La paix en danger……………………………………………………………….42
Le pacte germano-soviétique (1939)………………………………………..45
La drôle de guerre……………………………………………………………….47
La refondation de l’Etat Breton………………………………………………48
La Collaboration franco-allemande …………………………………………53
La solution provisoire…………………………………………………….58
La deuxième Révolution française ………………………………………….58
Le statut des juifs (3 Octobre 1940)…………………………………………66
Un vent de liberté………………………………………………………………..76
Jakob et Jacob……………………………………………………………………82
L’Institut celtique…………………………………………………………………92
L’aryanité de Maurice Michali ……………………………………………. 100

La race bretonne……………………………………………………………… 105
Barbarossa ……………………………………………………………………. 106
L’aryanisation des biens des Mazeas ……………………………………. 108
Yann Fouéré, « régionaliste » ……………………………………………… 113
Les cartes d’identité et l’étoile jaune……………………………………… 117
La Solution finale………………………………………………………..126
A crime without a name …………………………………………………. 126
Reinhard au Pays des Droits de l’Homme……………………………… 129
Vent printanier en Bretagne ………………………………………………. 132
Le gouvernement général………………………………………………….. 149
Gare de Rennes ……………………………………………………………… 152
Skol Blistin…………………………………………………………………….. 154
Un pays aryen d’Europe du Nord… …………………………………….. 160
La déportation des Michali…………………………………………………. 167
Lettre indésirable N°1 ………………………………………………………. 179
Journal parisien ……………………………………………………………… 189
Le début du Grand soir dans les petites Russies du Centre-Bretagne…. 196
La deuxième guerre mondiale du Grand Druide de Bretagne……… 199
Les Bagadoù Stourm………………………………………………………… 206
La plus petite armée du monde en guerre …………………………….. 209
Le groupe Liberté……………………………………………………………. 214
L’Héritage des ancêtres…………………………………………………….. 216
L’arrestation des Mazeas……………………………………………………. 217
Morven le Gaëlique………………………………………………………….. 232
Réglements de comptes………………………………………………..234
Overlord………………………………………………………………………… 234
Attentat contre Hitler……………………………………………………….. 235
Retournement de situation…………………………………………………. 239
Le prix Ossian………………………………………………………………… 241
Le procès d’Yves Bizien…………………………………………………….. 244
Le procès de Taldir…………………………………………………………… 246

Le procès de la culture bretonne………………………………………….. 251
Le procès de Nuremberg ………………………………………………….. 255
La cour suprême du Danemark…………………………………………… 256
Après la tourmente …………………………………………………………. 257

Deuxième partie

La mémoire de l’Etat …………………………………………………..259
Archives publiques de Bretagne…………………………………………… 259
« Petit rôle dans la Shoah »………………………………………………… 263
« Petit rôle » de l’Etat………………………………………………………… 267
Qui savait quoi ?……………………………………………………………… 271
La Collaboration gaulliste…………………………………………………… 281
Un homme de caractère …………………………………………………… 292
Un Nazi imparfait……………………………………………………………. 303
Résistances allemandes …………………………………………………….. 309
Ni responsable, ni coupable……………………………………………….. 315
Les patriotes de la mémoire…………………………………………..318
German agent in Brittany …………………………………………………. 318
Roparz Hemon et le Bezen Perrot ………………………………………. 324
Mais pourquoi le Bezen Perrot ?………………………………………….. 327
Violences et contre-violences……………………………………………… 336
La mémoire des sans-culottes………………………………………..341
Le Monde comme-ci, comme-çà…………………………………………. 341
Hevoud, symbole de bien-être ……………………………………………. 344
Appel au meurtre…………………………………………………………….. 346
L’Histoire de Bretagne en bandes dessinées…………………………… 349
Le dictionnaire monolingue ……………………………………………….. 354
Le fascisme de la langue maternelle……………………………………… 358
Notre cher confrère Leo Weisgerber…………………………………….. 364
Libertés d’expression………………………………………………………… 367

La mémoire d’un écrivain …………………………………………….373
Un projet pédagogique et culturel ……………………………………….. 374
Anticonstitutionalité …………………………………………………………. 376
Le nom d’un collège…………………………………………………………. 379
L’attentat de Quévert……………………………………………………….. 382
Les Juifs et les Loges ……………………………………………………….. 386
La honte et l’esclavage……………………………………………………… 390
Un den a netra……………………………………………………………….. 392
Négationnisme républicain…………………………………………………. 396
Serviteurs de l’Etat…………………………………………………………… 402
Au lycée Voltaire……………………………………………………………… 407
Renommer ……………………………………………………………………. 414
Avenir………………………………………………………………………417
Héritage ……………………………………………………………………….. 417
Collaboration et protection culturelle …………………………………… 419
Paroles et actes……………………………………………………………….. 421
Une histoire, un avenir……………………………………………………… 427
Post-face……………………………………………………………………….. 431
Un den a netra (Un homme négligeable)……………………………….. 439
Abréviations…………………………………………………………………… 457
Bibliographie………………………………………………………………….. 460
Notes de fin de document………………………………………………….. 481