Je reviendrai à Callac…

Ma signature à donné l’occasion de deux articles dans la presse quotidienne. Le premier émane du correspond local d’Ouest-France, Patrick Steun, et l’autre du correspondant local du Télégramme, Christian Le Goff.

Ollitrault Hillion

Le correspondant du Télégramme, Christian Le Goff, en pleine action de prise de notes, interrompue par la rencontre de Georges Ollitrault avec la fille d’un de ses camarades du maquis Tito à Peumeurit-Quintin.

Ouest-France

On retrouve de mêmes éléments et quelques variantes dans ces deux articles. L’occasion de porter quelques précisions sur la réalité des propos que j’ai tenus.

Plus proche de la vérité…

Ouest-France : « La résistance a fait plus de morts chez les Bretons que chez les Allemands ». D’après les recherches que j’ai effectuées, je suis bien parvenu à cette conclusion. « Globalement, la Résistance a été plus nuisible qu’utile » : ce qu’a compris le correspondant.

Ouest-France : « Plus proche de la vérité que tous les historiens sur le sujet » et, plus précis, le Télégramme : « Je suis plus près de la vérité que beaucoup… pour le moment, je n’ai rien à remettre en cause ». Telle est bien la teneur de mes propos, et pour de multiples raisons : j’ai continué le travail commencé par un résistant, j’ai pu en associer d’autres à ma démarche, je suis le premier à avoir accéder à des archives jusqu’à présent interdites d’accès… Qui plus est, mon livre a suscité de nombreux témoignages nouveaux qui confortent ma présentation et il me serait possible d’écrire un second tome après ce premier livre. J’ai ajouté que mon travail marque surtout une étape et que d’autres historiens viendront après moi pour compléter ce que je n’ai pas pu écrire. Seront-ils amenés à me contredire ? On verra cela à l’avenir.

Le coup d’éclat de l’adjoint au maire de Callac…

Le Télégramme : « L’auteur et Georges Ollitrault, ancien résistant qui l’accompagnait, ont été pris à partie par un adjoint callacois qui s’adressant à Georges Ollitrault : Je suis écœuré de votre présence auprès d’Yves Mervin » et Ouest-France : « Denis Lagrue, premier adjoint, interpelle Georges Ollitrault, ancien Résistant présent aux côtés d’Yves Mervin ». En effet, nous avons assisté à cette scène surréaliste où un élu callacois est venu, 70 ans après les événements, tancer vertement l’ancien résistant Georges Ollitrault qui m’a apporté une contribution significative à l’interprétation des événements et des éléments d’archives que je lui ai soumis.

Il serait trop long de rappeler ici le parcours exceptionnel de ce résistant qui est entré en clandestinité dès 1941, jusqu’en 1944, qui a effectué les premiers sabotages à Saint-Brieuc dès 1941, qui a participé à l’exfiltration de Marcel Cachin, qui a conduit la brigade de sabotage créée par Louis Pichouron, qui s’est échappé des prisons de Compiègne et de Saint-Brieuc, qui a exfiltré ses camarades de la prison de Lannion, qui a attaqué la gendarmerie de Callac [attaque ratée du fait des résistants de Callac], qui a sauvé le parachutiste allemand déserteur Georges Nieman [raccourci de l’histoire : que le maquis du résistant qui protestait à l’extérieur s’apprêtait à éliminer… ],  qui a combattu à Duault le 12 juin 1944, qui a récupéré les armes laissées là par les parachutistes, qui a attaqué la garnison allemande de Bourbriac le 6 juillet 1944, qui a fait la jonction avec les Américains à Rostrenen le 5 aout 1944, qui a protégé la mission ALOES avec le Corps-franc Marceau à Kerien, qui a participé à la libération de Saint-Brieuc, qui a été blessé par un engin explosif dans la poche de Paimpol…

Et se permettre de venir faire un reproche à Georges Ollitrault au titre de la mémoire de la Résistance bretonne !

Stupéfiant !

Tel est le résultat de décennies de liturgie résistante sans esprit critique et de devoir de mémoire en circuit fermé.

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La photo du correspondant d’Ouest-France, prise au moment même où Denis Lagrue reproche avec véhémence à Georges Ollitrault sa présence en ce lieu…ce qui nous vaut mon air incrédule et celui ébahi de Georges Ollitrault.

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Après être venu tancer Georges Ollitrault dans la maison de la presse, Denis Lagrue, adjoint au maire de Callac, vient rapporter à Félix Leyzour, sénateur communiste de Callac, resté à l’extérieur.

Houle dans la foule…

Le Télégramme : « Une attitude vécue par ceux-ci comme une ultime provocation… »

Pendant la signature, deux manifestantes, filles d’internés au camp de Châteaubriant, sont venues me faire part de leur désaccord. L’une d’entre elle n’avait ostensiblement pas lu le livre car elle ignorait en quels termes j’évoquais le sort de ses père et grand-père. J’ai indiqué à cette dame que je viendrais après la signature discuter avec elle. Lors de la sortie, certains me reprochaient de partir en les ignorant : je les ai rassurés en leur précisant que je déposais seulement mes affaires dans ma voiture.

Télégramme

Je n’ai aucune crainte ou appréhension du contact. J’ai baigné pendant toute mon enfance dans des milieux résistants et en particulier FTP. Je sais pertinemment que chacun détient sa part d’humanité, que chacun peut surmonter ses émotions, qu’il n’y a pas d’opposition insurmontable et qu’avec de la patience, le dialogue est possible en toutes circonstances.

Aucun des contestataires, qui se sont évertué à ne pas lire mon livre, ne m’a indiqué d’éléments qui seraient inexacts. Ils m’ont rappelé que des morts étaient morts, ce que l’on sait depuis la période même de la guerre où quelques temps après la libération.Le malaise tient surtout au fait de parler d’autres morts dont l’ANACR ne veut surtout pas entendre parler. D’où cet écran de fumée qui ne sera qu’éphémère. Les manifestants devraient considérer que s’ils abstiennent de lire Joli mois de mai 1944, d’autres ne s’en privent pas… Tout le monde ne choisit pas délibérément l’ignorance…

Il convient enfin de rapprocher les articles d’Ouest-France et du Télégramme de ceux parus suite aux signatures de Carhaix et de Rostrenen. Dans ces lieux, les correspondants ont parfaitement trouvé les termes pour évoquer un sujet dont la sensibilité est évidente pour tout le monde et qu’il convient de traiter calmement, en dépassionnant le débat. A Callac, il semble y avoir eu confusion entre des arrière-pensées politiques et le souci d’informer de façon équilibrée.

Yves Mervin

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