Yann Fouéré a sauvé l’Humanité

Êtes-vous antiyoudomicrologophile ? Si, si, je vous parle français. Et un peu grec ancien par la même occasion [1]… Êtes-vous donc anti-youdo-micro-logo-phile ? En Bretagne, nous avons quelques antiyoudomicrologophiles : il y a Pierrick, le pionnier, et surtout notre Françoise nationale, Miss Points Godwin en Bretagne… et aussi quelques émules qui ne sont pas prêts de la rattraper.

A l’occasion de mon livre Arthur et David – Bretons et Juifs sous l’occupation publié chez Yoran Embanner en 2011, j’ai moi-même mené une enquête dans le mouvement breton sur les relations entre les nationalistes bretons et les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Certes il y eut des propos antisémites et des dénonciations et je n’ignore certainement pas ces aspects. Mais je préfère positiver. Et il y a de quoi.

Tout d’abord, ma petite phrase antisémite préférée :

Certes, des esprits chagrins pourrait interpréter ce texte comme antisémite : il ne commence pas très fort en effet. Mais oser, dans le contexte de l’Occupation, comparer les Juifs aux Irlandais, des non humains et des plus ou moins tolérés par la race supérieure, c’est tout simplement extraordinaire ! Peut-on trouver dans la presse occupée en Europe, en la comparant aux Irlandais, un aussi bel hommage à la nation juive  ? Laissons donc parler les antiyoudomicrologophiles qui nous rabâchent que les nationalistes bretons auraient été d’affreux nazis, alors que leur référence idéologique était sans ambiguïté le républicanisme irlandais.

Il y eut surtout de réelles amitiés, des connivences et des solidarités, jusqu’au sauvetage de certains Juifs pourchassés. Je préfère collectionner ces histoires positives et je me complais à vous dresser la liste de celles que j’ai identifiées jusqu’à présent :

  • Yann Fouéré et le mari juif d’Ida Franca
  • Olier Mordrel et Max Jacob
  • Roparz Hemon et Julius Pokorny
  • Fransez Debeauvais et la famille Levi de Bruz
  • Polig Monjarret et Samuel Brenner
  • Pierre Le Lay et Lola Schafler épouse Drücker
  • Les nationalistes bretons de Lorient Hamon, Étienne Le Grand, Cavelet, Bouc’h et Israël Gesko

Israël Gisko (Archives départementales du Morbihan). Israël Gesko eut la bonne idée de revenir en Bretagne avec les prisonniers bretons libérés par les Allemands au titre de leur nationalité bretonne. Naquit ensuite une amitié entre lui et des membres du Parti national breton à Lorient. Malheureusement, Israël Gesko fut rattrapé par les persécutions des nazis et de certains services de l’État français. Il n’est pas revenu des camps de la mort.

  • François Taldir-Jaffrennou et Leo Perutz
  • Yves Delaporte et Berthe Weill, Denise,  Daniel, Claudine Mazeas
  • Célestin Laîné et Fritz Heinsheimer
  • Germaine Le Helloco et Charles Steir
  • Ange Péresse et Pierre Dorade
  • Gaston Sébilleau et Moszeg, Riva, Léonard, sa soeur Epelbaum
  • Joseph Martray et des enfants juifs resté non identifiés
  • Guy Étienne et David Ben Gourion

Soit le gratin nationaliste de cette joyeuse époque.

Pourquoi Yann Fouéré a-t-il plus que les autres sauvé l’Humanité ? Peut-être parce qu’est récemment disparue, en janvier dernier, Claudine Mazéas, rescapée avec sa famille de la Shoah. J’ai fréquemment rencontré Claudine Mazéas au moment où j’écrivais Arthur et David et j’avais gagné sa confiance. Elle m’avait montré les étoiles jaunes que sa famille et elle-même avait été contraints de porter à Guingamp suite aux ordonnances allemandes et aux lois raciales de l’État français. Toucher l’histoire du bout des doigts…

Avec Yann Fouéré, nous avons évoqué lorsque que je l’ai rencontré en mai 2006, le sort de la famille Mazéas qui fut sauvée in extremis du camp d’Auschwitz par l’intervention d’Yves Delaporte et d’Hermann Bickler. Il m’a expliqué les démarches qu’il avait lui-même faites en faveur de la famille Mazéas auprès des autorités allemandes et françaises avec un sourire de satisfaction évident. Qui plus est, ses propos ont été largement confirmés par la consultation des archives.

D’après Michna, Sanhédrin 4:5 « וכל המקיים נפש אחת מישראל מעלה עליו הכתוב כאילו קיים עולם מלא »), ce qui se traduit par « celui qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière ». Je vous ai peut-être donné l’impression de saisir les subtilités de la Torah, mais il n’en est rien et je vous ferai grâce des débats sur la traduction de cette phrase en hébreu. Quoiqu’il en soit, l’intention compterait plus que la conscience des conséquences de l’acte.

En tentant tout ce qu’il pouvait pour venir au secours des Mazéas, dans l’ignorance du destin qui les attendait, Yann Fouéré n’a-t-il pas sauvé l’Humanité ?

[1] antiyoudomicrologophile  : antiyoudo (antisémite ou antijuif), micro logo (micro : petit, logo : phrases) et phile : amateur. Soit amateur de petites phrases antisémites… un peu, beaucoup… à la folie !

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Jean Miniou

…Chistr zo graet vi bout evet, Merhied yaouank vit bout karet (1)

Vient de disparaître dans sa 96éme année Jean Miniou de Guiscriff. Jean Miniou fait partie de cette génération à qui l’Éducation nationale française a interdit de parler sa langue maternelle à l’école. Si tous furent meurtris, Jean Miniou fut de ceux qui ne l’acceptèrent jamais.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après l’assassinat de l’abbé Jean-Marie Perrot le 12 décembre 1943 par le Parti communiste français, Jean Miniou s’engage dans une unité militaire bretonne qui cherche à protéger les nationalistes bretons contre diverses agressions. Conscient de la précarité de la situation, Jean Miniou a l’occasion de demander au chef du Parti national breton (PNB) s’il serait possible de se rapprocher des Alliés pour éviter de combattre un jour des cousins gallois… La question est pertinente mais Raymond Delaporte ne sait comment la mettre en oeuvre.

Après la Libération, et quelques années de travaux forcés, Jean Miniou retourne à la vie civile et, assez rapidement, crée une entreprise de travaux publics et de promotion immobilière en région parisienne. Avec des chantiers à Sarcelles, la Défense… les affaires sont florissantes et Jean Miniou se révèle en chef d’entreprise. Mais il n’est pas motivé par la réussite matérielle. Selon une devise « discrétion et efficacité”, Jean Miniou préfère venir en aide aux associations bretonnes, en particulier celles qui œuvrent pour la langue bretonne, comme les écoles Diwan. Il participe aussi activement, à l’aménagement des nouveaux locaux de la Mission bretonne rue Delambre dans le 14éme arrondissement de Paris. Si une association de lutte bretonne cherche de la sciure pour un tournoi, Jean Miniou déclare « Je m’en occupe ». La sciure est livrée au jour dit et enlevée après la manifestation. De retour au Pays, Jean Miniou a très largement contribué à la restauration du manoir de Landeleau.

En avril 2009, Jean Miniou accepte ma proposition de rencontrer un compatriote qu’il aurait pu affronter les armes à la main dans les circonstances de la guerre en juillet 1944 du côté de Scrignac. Un franc-tireur partisan (FTP) au passé prestigieux qui ne s’en est pris qu’à l’occupant et non pas à ses compatriotes. Il ressort de cette rencontre, que, sans éluder la réalité des faits et dans le respect de toutes les victimes, tout en écoutant le point de vue des autres et en faisant preuve de réelle intelligence, le dialogue peut s’instaurer et les affrontements pourraient être évités. Nul n’est tenu d’entretenir des hostilités stériles jusqu’à la septième génération.

Après avoir perdu sa compagne Marie-Thérèse en mai 2016, sans descendance, Jean Miniou nous quitte après avoir légué ses derniers biens à des œuvres caritatives.

Adieu Jean

Guiscriff, 11 janvier 2018

1 – Son ar chistr (« la chanson du cidre »), chanson composée par deux camarades guiscrivites de Jean Miniou, ses aînés Jean Bernard et Jean-Marie Prima (« le cidre est fait pour être bu, les jeunes filles pour être aimées… »). Une chanson que Jean Miniou avait encore chanté lors de son dernier anniversaire.

La fin du chemin, jusqu’au bout de l’impasse

L’Empire soviétique offre ce caractère exceptionnel d’avoir été une super-puissance sans avoir incarné une civilisation.

François Furet, Le Passé d’une illusion, Robert Laffont, 1995.

On avait déjà eu droit en 2012 à un livre de Francis Arzalier, Les Perdants, qui traite des mouvements régionaux pendant la Seconde Guerre mondiale. La théorie en est simple :  ce sont ces mouvements qui causent les guerres et la révolution prolétarienne nous préserverait du pire. Et vous pensiez que les empires et les États-nations étaient responsables…

Iconographie comparée des deux principaux totalitarismes du XXe siècle (Spiridon Ion Cepleanu)

En Bretagne, ce sont les trotskystes qui ont d’abord exploité le filon et il nous manquait la vision communiste orthodoxe. C’est maintenant chose faite avec le livre de Maryse Le Roux et Ismaël Dupont qui viennent de publier La fin du chemin, 1920-2000, des indépendantistes en Bretagne aux éditions Skol Vreizh. Rien de neuf sous le soleil, on est dans le réchauffé, quasiment dans le plagiat.

Après avoir flirté avec les nazis dans le cadre du pacte germano-soviétique et écrasé avec eux la Pologne, l’Internationale communiste s’est alliée aux ploutocrates de la City de Londres qu’elle stipendiait encore jusqu’au 21 juin 1941. Fort heureusement, la Bretagne s’est trouvée  du bon côté du rideau de fer après la guerre et les espoirs du Parti communiste d’une prise de pouvoir lors de la Libération ne se sont pas réalisés.

A ce moment, le Parti communiste culminait dans les 25% des voix lors des élections et depuis, les positions communistes en Bretagne sont tombées les unes après les autres. Il ne reste pas grand chose des petites Russies du centre-Bretagne qui se sont dépeuplées et les bastions ouvriers des ports ne sont plus qu’un souvenir. Aujourd’hui, le Parti communiste ne présente plus systématiquement de candidats aux élections. Lors des législatives de 2017, Ismaël Dupont a battu un record avec 2,68% des suffrages exprimés dans la circonscription de Morlaix.

Comme le nazisme, le communisme est responsable des génocides les plus importants dans l’histoire de l’humanité, y compris en Bretagne où on lui doit des centaines de morts, ce que nous rappellerons aux auteurs qui ont choisi d’occulter cette réalité.

Il y a des revendications sociales légitimes en Bretagne comme ailleurs et pour éviter tous conflits, il est important de traiter ces questions. Malheureusement, les dernières lois sur le travail ne vont manifestement pas dans le sens du progrès social. Quoi qu’il en soit, le communisme n’a jamais été une solution à ces problèmes où que ce soit sur la planète. Il est en train de sombrer à Cuba et son apothéose surviendra tôt ou tard en Corée du nord. Histoire oblige, le communisme ne suscite plus aucun espoir collectif et ses derniers représentants sont une espèce en voie de disparition. Nous sommes affranchis du nazisme, pas encore du communisme. Soyons patients.

En matière de perdants avec Francis Arzalier et de fin du chemin, avec Maryse Le Roux et Ismaël Dupont, on ne peut pas dire que nous n’avons pas à faire à des experts.

Palmarès des totalitarismes et des dictateurs (Memolition)

Scaër, 4 août 2017 : Libération de la parole

Pa sonjan mat, nemet an daou-se marteze, a c’helle kousked divorc’hed, n’eus nemet an daou-se a zo digablus, an daou-se a ziskennas gant ar ru vras, an daou loen-kezeg.

Youenn Gwernig, « Daou vi » , 1964 [1].

Allocution de Jeanine Daniel, ANACR Scaër (photo Yves Mervin).

Lors des cérémonies de commémoration de la Libération de Scaër survenue le 4 août 1944, Jeanine Daniel, représentant la section locale de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance),  a prononcé un discours conforme aux canons de l’association. Elle a exalté le courage de ceux qui se sont engagés contre l’occupant allemand, le sacrifice des maquisards FTP (Francs-tireurs partisans) tombés au combat, en particulier à Kernabat le 14 juillet 1944 [2]. Elle a aussi encouragé à rester vigilant quant aux reculs possibles de la démocratie et aux atteintes à la liberté, ce en quoi nous ne la contesterons certainement pas.

Traces du combat de Kernabat dans les archives de la Wehrmacht [2].

Mais Jeanine Daniel a surtout terminé son discours en évoquant deux victimes de la Résistance à Scaër, faisant mention d’un procès qui aurait été intenté à leur égard avant leur assassinat. C’est probablement la première fois que l’ANACR veut bien admettre que la Résistance a commis des actes hautement condamnables à l’encontre de ses compatriotes. Dans sa revue Ami entends-tu ?, il n’y a qu’une sorte de victimes : celles de l’occupant, les autres n’existent pas.

Alors que le nom des résistants victimes de l’Occupation ont été égrenés un par un, avec, selon la liturgie de l’ANACR, le refrain « mort pour la France » après chaque nom, l’ANACR n’est pas allé jusqu’à citer les noms des victimes scaëroises. Les tiraillements internes au sein de l’ANACR ne l’auront pas permis.

C’est dans un article paru quelques jours avant la cérémonie dans le Télégramme du 1er août 2017, que le journaliste Francis Salaün avait annoncé la prochaine allusion de l’ANACR à ces événements de la Libération. Et dans son article, il cite bien les noms des victimes, les deux jeunes filles Jeanette Laz et Marie-Jeanne Le Noach ainsi qu’Yvon Toulgoat, que la population scaëroise est loin d’avoir oubliées. L’article vaut à Francis Salaün de nombreux appels pour exprimer une compassion envers les deux jeunes filles, et pour témoigner sur ces événements. Ajoutons que personne ne soutient plus, y compris dans les rangs de l’ANACR, la thèse fantaisiste selon laquelle les deux jeunes filles seraient à l’origine de l’attaque des Allemands à Kernabat.

Illustration de l’article du Télégramme : les carrières de Stang-Blank

L’article de Francis Salaün fait lui-même suite à une réunion de concertation tenue le 26 juin 2017 à l’espace Youenn Gwernig en Scaër, réunion menée sous l’égide de la municipalité de Scaër, avec l’adjoint au maire en charge des associations patriotiques, Marie-Renée Bochard et l’adjoint au maire (fils de résistant) Frédéric Le Beuze, le président de la section de l’ANACR Pierre Fournet-Fayas et Jeannine Daniel, ainsi que diverses autres personnes s’étant impliquées dans la reconstitution et la compréhension des événements de la Libération à Scaër. Cette réunion s’est tenue dans un esprit de concertation, sans acrimonie ou reproches partisans, dans le souci d’assumer l’héritage de l’histoire, sans repentance, mais avec lucidité, fermeté et respect envers toutes les victimes, avec distance envers les torts et les mérites des uns et des autres. L’exercice est d’autant plus difficile que, comme partout ailleurs en Bretagne, des liens familiaux subsistent entre les acteurs d’hier et ceux d’aujourd’hui.

C’était le début de la libération de la parole à Scaër : il tient à ce qu’un dialogue s’est instauré entre des factions restées presque viscéralement opposées entre elles. Ce dialogue pourra-t-il se poursuivre, et pas seulement à Scaër, pour un devoir de mémoire renouvelé et acceptable par tous ?

A propos de devoir de mémoire, reste toujours passé à la trappe du souvenir, Yvon Toulgoat, fusillé en même temps que Jeanette Laz et Marie-Jeanne Le Noach. Pourtant, Yvon Toulgoat a bien fait partie du premier maquis FTP de Bretagne à Saint-Goazec et a participé à nombre de ses « opérations ». S’il avait eu la « chance » de se faire arrêter comme Jean Lancien [4], il relèverait du statut de héros et de martyr et non pas de celui de traître et de renégat. Tant qu’à se faire fusiller, vaut-il mieux l’être par les Allemands ou par ses anciens « camarades » du Parti ?

Et il reste quelques autres cadavres dans les placards. Si au cours de vos recherches dans les archives, vous tombez sur une rapport de police où vous lisez :

ne vous fiez pas à ce qui est écrit. Yves Galès ne s’est pas suicidé, mais a été suicidé par des résistants dans le hall de la mairie de Scaër où ils l’avaient interné.

En Bretagne, Scaër n’a pas grand particularité, si ce n’est peut-être d’être l’endroit où fut prise la décision d’assassiner l’abbé Jean-Marie Perrot (elle fut prise à plusieurs reprises par le Parti communiste à l’été 1943, à Scaër, chez Rosine et François Kersulec) et où fut trouvé celui qui parvint à la seconde tentative de renvoyer par anticipation l’homme d’église dans les mains du Seigneur. Plus ou moins conséquence de ces faits, deux nationalistes bretons se sont retrouvés au côté des Allemands au combat de Kernabat.

Quoi qu’il en soit, la « cavalcade » du 10 août 1944 dans la grande rue de Scaër hante encore durablement les mémoires : pourra-t-on définitivement apaiser la mémoire en gravant sur le fronton de la mairie, quelques strophes du poème de Youenn Gwernig qui a su exprimer l’indicible ?


[1] Quand j’y pense, il n’y en a que deux à pouvoir dormir tranquille, il n’y en que deux qui ne soient pas coupables, ces deux-là qui descendaient la grande rue, les deux chevaux.

Poème de Youenn Gwernig, « Deux oeufs », 1964, en hommage aux deux jeunes filles (Avant d’être exécutées à Stang-blank, Jeanette Laz et Marie-Jeanne Le Noach ont été promenées sur deux chevaux dans la grand-rue de Scaër). Paru dans Al Liamm en 1961.

[2] Yves Mervin, Viens rejoindre notre armée ! – 1944, Une Résistance bretonne à contretemps, YM, 2016, pp. 328-336 : Deuxième parachutage pour Kernabat. La réalité du combat de Kernabat et de la libération peut être correctement établie par le croisement de plusieurs document d’archives, sans être tributaire des seuls témoignages résistants. En particulier, le rôle du colonel allemand Friedrich Hett, personnellement présent sur les lieux pour diriger l’action du côté allemand, a pu être retracée grâce à la présence fortuite du maire de Coray, Louis Le Bihan.

[3] zu i) Bei Aktion N Scaer 3 kleine Waffen- und Muni- Lager ausgehoben. Waffen und Munition (ca 2 LKW) sichergestellt. 22 Terroristen erschossen, 1 Soldat und 1 Legionär gefallen (Lors d’une action au nord de Scaër, destruction de 3 dépôts d’armes légères et de munitons. Environ 2 camions d’armes et de munitions enlevés. 22 terroristes tués. 1 soldat et un légionnaire tué).

[4]  Né en 1921 à Scaër, Jean Lancien, après avoir rejoint le 1er maquis FTP de Bretagne à Saint-Goazec, prend part à diverses attaques de fermes, « coups de tabac »… Il participe avec Jean Pennec, Yves Bevin, Maurice Cam, à la tentative d’assassinat contre l’inspecteur Joseph Le Marchand le 11 novembre 1943 à Quimper, avec Yves et Jean Bevin, Jean Vigouroux, Jean Pennec… à l’assassinat du nationaliste breton Yves Kerhoas à Chateauneuf-du-Faou le 16 décembre 1943. Ses deux camarades Roger Le Signor et Jean Pennec assassinent à Scaër le 2 janvier 1944 l’hôtelier Francis Quefellec. Arrêtés début 1944, condamnés à mort par un tribunal militaire allemand à Quimper, Jean Lancien, Yves Bevin, Maurice Cam et Roger le Signor sont  fusillés sur les dunes de Poulguen en Penmarc’h le 21 avril 1944.


Addendum au 15 août 2017 : ci-dessous la fin du discours qui avait l’aval de l’ANACR de Scaër, avec le nom des victimes, mais c’est en définitive la mairie de Scaër, organisatrice de la cérémonie, qui a souhaité que ces noms ne soient pas cités :

Chaque année, nous rendons hommage aux Résistants qui ont fait preuve de courage et de vaillance, parfois au prix du sacrifice de leur vie, pour que nous puissions vivre libres et en paix. Le temps a passé et l’heure est venue d’inclure dans ce devoir de mémoire, un épisode moins glorieux de l’été 44. Dans la période d’exaltation qui a suivi la Libération de notre commune, trois Scaërois, Jeannette Laz, Marie-Jeanne Le Noach et Yvon Toulgoat ont été condamnés à mort et exécutés après un jugement sommaire. Il ne nous appartient pas d’estimer, avec notre regard actuel, la véracité et la gravité de ce qui leur était reproché par cette juridiction d’exception. On peut cependant regretter que ces personnes n’aient pas eu un procès équitable, basé sur des preuves tangibles et vérifiées.

L’ascenseur

La revue en langue bretonne Al Liamm publie dans son dernier numéro de mars-avril 2017 une nouvelle de Kristian Braz intitulée : Ar batriotez (« La patriote »), pp. 19-32, qui relate l’arrestation par une patrouille allemande d’une agent de liaison de la Résistance.

Fondée après la guerre en 1946, faisant suite à la revue Gwalarn de Roparz Hemon, Al Liamm nous avait habitué aux témoignages de nationalistes bretons qui, pour nombre d’entre eux, ont été poursuivis après la guerre par les Cours de justice pour manque d’ardeur patriotique et d’animosité envers l’ennemi teuton.

C’est dans le numéro 20 de mai-juin 1950 d’Al Liamm que Roparz Hemon avait écrit : Ar pevar bloaz-se, 1940-1944, a zo bet frouezhus evit ar buhez speredel koulz hag ar buhez politikel [1]. Du strict point de vue de la faculté de créer en breton avec l’assentiment de l’autorité publique, fût-elle occupante, le propos est incontestable. Pour ce qui est des aspects politiques, l’affirmation n’est pas évidente.

Avec la nouvelle de Kristian Braz, Al Liamm aborde un genre littéraire nouveau qui séduit plus souvent les lecteurs de la revue de l’ANACR [2] aujourd’hui disparue, Ami entends-tu ? Pour mieux exprimer mon étonnement et ma perplexité quant au texte Ar batriotez, je le commenterai en breton.

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Les biais de mémoire d’historiens « officiels » en Bretagne

Reproduction ci-dessous de l’interview accordé à Breizh-info.com à la suite de la parution du DVD « Triskell et croix gammée ».

600251Breizh-Info.com : Yves Mervin, pouvez-vous commenter le DVD « Triskell et croix gammée » de Michel Denis, Kristian Hamon, Jean-Jacques Monnier, Georges Cadiou, Ronan Calvez et Herri Caouissin. Ce DVD est produit par RDM video et il est distribué depuis le 6 septembre 2016 dans les médiathèques, bibliothèques départementales de prêt (BDP), bibliothèques, établissements scolaires, comités d’entreprise, collectivités…

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Un mix d’images chocs, de témoignages sélectionnés et de paroles d’ « experts » : c’est parti pour les associations d’idées !

Yves Mervin : Ce qui frappe tout d’abord dans ce DVD, c’est, d’un point de vue historique, l’amateurisme des auteurs, leurs approximations, leurs inexactitudes et leurs erreurs flagrantes. Par exemple, Kristian Hamon revient sur les causes de l’assassinat de Jean-Marie Perrot qui, selon lui, était (minute 27:10) un anticommuniste viscéral. Entre autres considérations tendant à justifier le crime, Kristian Hamon avance (minute 28:30) : Je ne dirai pas que l’abbé Perrot l’a dénoncé [Albert Duperrier], je n’en sais strictement rien, mais quand, même, il y a suspicion ! Kristian Hamon insinue que Jean-Marie Perrot aurait dénoncé le résistant Albert Duperrier arrêté deux fois par les Allemands le 11 juillet 1943 puis le 12 juin 1944. Si Kristian Hamon avance cette thèse, il lui revient de produire des éléments d’archive ou des témoignages convaincants. De toute évidence, il n’en dispose pas et son opinion ou sa conviction profonde n’édifient en rien.

J’ai étudié dans Viens rejoindre notre armée ! (pp. 247-251), le parcours d’Albert Duperrier pendant la Seconde Guerre mondiale et il apparaît que ce dernier a déclaré : nous avons embrigadé beaucoup trop de jeunes qui ne savent pas tenir leur langue, selon le témoignage difficilement contestable du résistant Guy Péron. Albert Duperrier a été dénoncé par un autre résistant sous la torture et  l’hypothèse la plus plausible pour cet autre résistant, que Guy Péron ne nomme pas, est Yves Simon arrêté le 15 mai 1944. Ce dernier se serait vanté juste avant d’être arrêté d’avoir eu l’honneur de participer à l’assassinat de l’abbé Perrot lors d’une première tentative manquée le 26 novembre 1943. Plutôt que de soupçonner sans la moindre piste Jean-Marie Perrot de délation, il serait plus pertinent de s’interroger sur l’éventuelle implication d’Albert Duperrier dans la première tentative d’assassinat de l’abbé !

Breizh-Info.com : Avez-vous trouvé d’autres exemples de désinformation dans ce DVD ?

Yves Mervin : Prenons le cas de Georges Cadiou qui se repaît de sa collection de phrases antisémites qu’il a trouvées dans l’Heure bretonne (minute 18:15). Georges Cadiou interprète comme antisémite un article de François Jaffrennou, dit Taldir, Grand Druide de Bretagne, paru dans le journal La Bretagne du 1er janvier 1943. L’interprétation de George Cadiou et l’intonation avec laquelle il lit cet article n’engage que lui, elle n’engage en rien Taldir. François Jaffrennou Taldir avait avant la guerre défriché l’histoire des Juifs de Bretagne et il a écrit dans la revue L’Action du 14 juillet 1951 un texte remarquable sur les Juifs qu’il a rencontrés au cours de sa vie, Le sel de la terre, à une époque où les adeptes du devoir de mémoire n’avaient pas trouvé le filon pour se donner une importance. Rappelons que dans son livre L’Hermine et la croix gammée, Georges Cadiou accuse, en reprenant à son compte un ragot, ce même Taldir d’avoir dénoncé le résistant Adolphe Le Goaziou : Taldir a tout simplement été victime d’une erreur judiciaire. Après la guerre, Leo Perutz, un Juif autrichien, qui s’était lié d’amitié avec Taldir jusqu’à devenir membre du Goursez de Bretagne, a témoigné à bon escient en faveur de Taldir lors de son procès. Accuser Taldir d’antisémitisme traduit une grossière méconnaissance de cette question.

Breizh-Info.com : Un autre exemple à donner ?

Yves Mervin : Michel Denis interprète (minute 34:55) l’entrée de nationalistes bretons dans la Résistance, en l’occurrence le groupe Liberté de Saint-Nazaire, comme un moyen d’échapper au Service du travail obligatoire (STO) ! Lui aussi plaque son schéma idéologique sur les faits et arrive à la conclusion qui lui convient. En septembre 2009, j’ai eu le privilège d’une longue conversation avec Madelein Mesnard, le responsable du groupe Liberté, dont je décris le parcours à partir des archives. Et les motivations des Liberté n’avaient rien à voir avec le STO. Noter, ce qui échappe à Kristian Hamon (minute 13:00), que les Liberté étaient présents à Landerneau au camp de Landivisiau et qu’il n’y avait pas que les futurs Bezen Perrot à ce camp. J’ai même une photo (dont je n’ai pas les droits de publication) où ils posent ensemble en uniforme des Bagadoù Stourm. A aucun moment Madelein Mesnard n’a critiqué les Bezen Perrot comme s’autorisent à le faire les auteurs.

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Gros plan sur une plaque aux victimes d’une Milice bretonne qui ne s’est jamais trouvée à Ploëzal le 6 juillet 1944 (minute 33:40).

Breizh-Info.com : Un dernier exemple de désinformation ?

Yves Mervin : Les auteurs ont sollicité l’ancien résistant FTP Désiré Camus qui revient (minute 31:25) sur les événements de Ploëzal du 6 juillet 1944. Contrairement à ce qu’affirme Désiré Camus, il n’y a jamais eu de Milice bretonne à cet endroit et à ce moment. Comment Désiré Camus a-t-il pu, comme il l’affirme, trouver une carte du Kadervenn dans la poche d’un agent des Allemands resté sur le terrain, Jean-François Jouanny, agent dont on ne trouve aucune trace chez les nationalistes bretons : bizarre ! Désiré Camus, ancien instituteur, confond simplement un certain Michel Lesné avec Célestin Laîné ! Désiré Camus aurait mieux fait de nous expliquer les circonstances de l’assassinat de Pierre-Marie Lec’hvien, recteur de Quemper-Guezennec par quelques-uns de ses FTP, dont Joseph Le Roux, le 10 août 1944 après le départ des Allemands. Et autres crimes commis par d’autres de ses camarades FTP à ce moment, à Saint-Quay-Portrieux le 21 août 1944 par exemple.

Breizh-Info.com : quelle est la valeur pédagogique du DVD ?

Yves Mervin : il ne s’agit pas de pédagogie, mais d’idéologie. A partir de faits réels, les auteurs construisent une histoire conforme à un canevas idéologique officiel, une histoire manichéenne où de mauvais Bretons arriérés, rétrogrades, réactionnaires, superstitieux, antisémites, xénophobes, racistes, fascistes, pronazis agressent de braves Bretons résistants, progressistes, antifascistes, antinazis, ouverts d’esprit, épris de liberté et victimes de la barbarie. Et dans ce schéma, les bons Bretons résistants sont profrançais, ils sont même tout simplement français, et les mauvais Bretons sont anti-français, réfractaires aux idées de progrès et de liberté, aux Droits de l’Homme que la France aurait inventés. La réalité est bien sûr plus complexe et les rôles sont très souvent inversés. Kristian Hamon se prévaut de consulter les archives (minute 13:00), mais les archives sont à interpréter avec discernement. Elles ne portent que sur une partie de la réalité et elles ne confortent aucun discours idéologique en particulier.

Breizh-Info.com : Le DVD est pourtant distribué dans les centres pédagogiques ?

Yves Mervin :  Un tel DVD, financé par des deniers publics et utilisé dans le milieu de l’éducation nationale où l’histoire de Bretagne est interdite de fait, relève d’une histoire fondamentalement anti-bretonne, quand bien même les auteurs ont adopté des positions en apparence pro-bretonnes, au sens de l’émancipation d’un peuple breton. Ils ont adhéré ou ont été proches de l’Union démocratique bretonne (UDB), qui, à son origine, était organisée sur le modèle d’un Parti communiste avec en particulier le centralisme démocratique et des références explicitement marxistes-léninistes. J’en sais quelque chose, j’y ai passé quelques mois en 1977 et c’est de l’intérieur que j’ai découvert cette réalité. Un responsable de la fédération de Paris s’enorgueillissait de ce que l’UDB était reconnue, au même titre que le Parti communiste français, comme mouvement révolutionnaire par l’Union soviétique qui ne s’était pas encore effondrée à ce moment. L’UDB s’est adaptée, elle est devenue un parti réformiste, mais son fonds idéologique reste le communisme, sans rupture avec la réalité désormais bien connue de cette idéologie avec ses millions de morts, la dékoulakisation, les procès de Moscou, les goulags, les purges staliniennes, les déportations de populations, la famine programmée en Ukraine… On n’est donc pas dans la pédagogie, mais dans l’agit-prop. En agitant l’épouvantail du nazisme, les auteurs ne peuvent se dispenser de se justifier sur le communisme et ils seraient avisés de nous expliquer ce en quoi le communisme aurait été préférable au nazisme.

Breizh-Info.com : Quelles sont les faiblesses du raisonnement des auteurs ?

Yves Mervin : En particulier l’incapacité d’appréhender et d’assumer l’héritage du pacte germano-soviétique et du flirt idéologique entre nazisme et communisme contre les démocraties parlementaires « petit-bourgeoises ». Le pacte germano-soviétique déclenche la Seconde Guerre mondiale et a diverses conséquences en Bretagne même. Immédiatement après la signature du pacte en septembre 1939, les Allemands et les soviétiques envahissent la Pologne. Puis au printemps de 1940, sur ordre direct de Staline, le NKVD (la police politique soviétique) massacre à Katyn plusieurs dizaines de milliers de Polonais : officiers, médecins, ingénieurs, enseignants… L’Union soviétique accusera pendant des décennies les Allemands d’avoir commis ces crimes jusqu’à ce que le parlement russe reconnaisse officiellement sa responsabilité le 26 novembre 2010. Ce qui est récent et clôt les débats, ce que les auteurs ne peuvent ignorer. En 1943, Jean-Marie Perrot dénonce en chaire et dans sa revue Feiz Ha Breiz le massacre de Katyn, ce qui est insupportable au Parti communiste français qui se prépare à prendre le pouvoir à l’occasion de la Libération. Le Parti communiste décide alors d’éliminer Jean-Marie Perrot par l’Interrégional Marcel Dufriche et Daniel Trellu, responsable des FTP du Finistère, lors d’une première réunion pendant l’été puis, lors d’une deuxième réunion à Scaër chez Roseline Kersulec et son fils François Kersulec. Il revient aux auteurs de tirer les conséquences de leurs revendications idéologiques et historiques et de leur légitimation de cet assassinat.

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Vue fugitive sur le journal Feiz ha Breiz du Bleun Brug (minute 26:45) où Jean-Marie Perrot dénonce la massacre de Katyn (Karnel Katyn), ce qui lui vaudra d’être assassiné par le Parti communiste français.

Breizh-Info.com : Les auteurs veulent-ils rendre hommage à la Résistance ?

Yves Mervin : l’esprit de résistance consiste à s’insurger dans un pays occupé alors que la situation parait sans issue. Au moment des événements, cela avait un sens, mais 70 ans après la Libération, quel intérêt y-a-t-il à se déclarer pro-résistant ? Il n’y a plus ni risque ni enjeu. Chacun connaît la fin de l’histoire. C’est justement sur ce point que les auteurs font de la politique et non pas de l’histoire, car écrire l’histoire, c’est comprendre le comportement et les choix des uns et des autres en fonction de l’information qu’ils ont de la situation à l’instant qu’ils vivent, pas en fonction de la suite des événements que connaît l’historien. Je suis bien placé pour savoir qu’il y eut quelques authentiques résistants qui se sont engagés précocement pour la seule libération du territoire et l’instauration de la démocratie : les auteurs ne sont pas héritiers des mérites de ces résistants et ils ne sont pas habilités à parler en leur nom.

Mais prendre le parti de la Résistance aujourd’hui n’est même pas évident : son efficacité a été symbolique et elle s’est surtout impliquée dans une guerre civile plutôt qu’une guerre de libération. Elle est responsable de nombreux meurtres, de viols et de vols. Sa légende s’effrite lentement mais sûrement avec les archives qui s’ouvrent petit à petit.

Il a un autre tabou mémoriel pour ces héritiers du communisme : l’épuration que les auteurs justifient par leurs commentaires en banalisant et en minimisant les scènes de violences qui ont accompagné la liesse de la Libération. A ce moment, des résistants qui ne risquaient plus la répression allemande s’en sont pris à leur compatriote, le plus souvent des femmes. Face à ces scènes d’une extrême lâcheté, les auteurs ne manifestent aucune indignation. Par leur silence, ils avalisent le fondement criminel du communisme et plus généralement de tous les totalitarismes.

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Commentaire des auteurs (minute 37:10) : l’épuration en Bretagne n’a pas été plus dure… Hypersensibilité envers les victimes de l’occupant, désensibilisation envers les victimes de la Résistance.

Breizh-Info.com : Comment interpréter la démarche des auteurs ?

Yves Mervin : Les auteurs assènent avec animosité des injonctions qui tendent à inhiber l’esprit critique et préparent les esprits à la résignation et à la soumission envers toute religion ou idéologie hégémonique. Leur dialectique pseudo-révolutionnaire est devenue un conformisme, un renoncement à l’insurrection, une subordination à un pouvoir à qui on fait allégeance… quand bien même certains ont appartenu à un parti qui dénonçait la colonisation de la Bretagne par la France. Et pour bien montrer sa servitude, quoi de mieux que de dénigrer ses congénères ?

Les auteurs s’en prennent à des personnes aujourd’hui disparues qui ne peuvent pas leur rendre la réplique. C’est dommage parce que les Olier Mordrel, Yann Fouéré, Jean-Marie Perrot, Roparz Hemon, François Jaffrennou… avaient, de mon point de vue, une éminente dimension intellectuelle. C’est comme si les auteurs avaient attendu que cette génération disparaisse pour la critiquer sans danger, en commençant vers la cinquantaine une carrière de conscience du peuple. Mais ils démontrent largement dans ce DVD qu’ils n’ont pas d’autorité ni de légitimité à nous donner des leçons de démocratie, de respect des différences et encore moins d’humanisme.